Il y a des défis qui ne se refuse pas, celui-ci en faisait parti. En terminant nos 4 jours d’excursion au Salar d’Uyuni, nous avons prévu, mon père et moi, de s’attaquer au volcan Licancabur se trouvant sur la frontière bolivienne et chilienne qui culmine à 5960m d’altitude.

Mon père me propose il y a quelques mois de relever un défi ensemble. Une ascension en terre du Lipez. Je ne peux refuser cette proposition, emballé par le défi physique et surtout de partager cette expérience avec lui, je lui réponds un oui immédiat. Pour moi, c’est une première de partir sur une ascension à plus de 5000m d’altitude. Mon père lui a déjà quelques beaux sommets à son actif comme le Mont Blanc, le Kilimanjaro et le Stok Kangri à plus de 6000m d’altitude.

Nous voilà donc tous les deux après avoir dit au revoir à Virginia et à la mama qui rejoignent San Pedro de Atacama. Nous prenons connaissance de notre guide qui nous informe que le volcan est de nouveau praticable demain ( jour de l’ascension), car la neige a commencé à diminuer sur l’ensemble du volcan. Nous profitons de cette journée pour nous reposer, retourner se balader au bord de la laguna Blanca. De mon côté, je flippe un peu et je ne lâche pas du regard le sommet du volcan en espérant me retrouver demain au sommet.

L’adrénaline est déjà présente et une envie folle d’en découdre avec ce volcan se fait sentir. Pour patienter un peu, nous prenons le temps de faire notre sac, de préparer nos affaires, de se fabriquer des guêtres avec des sacs plastiques pour ne pas trop se mouiller les pieds dans la neige.
Puis à 19h, nous nous mettons à table et une petite heure plus tard nous allons en direction du lit pour essayer de dormir. Chose qui n’est pas si évidente quand on est sait ce qu’il nous attend dans quelques heures.

Jour J – l’ascension commence ici !

Le réveil sonne, il est 2h30 du matin. La nuit fut courte mais étonnement pas trop mauvaise. Nous nous habillons chaudement car dehors il fait entre -15 et -20 degrés sans prendre en compte le petit vent qui vient vous chatouiller le peu de peau à l’air libre. Nous prenons le petit déjeuner et nous partons pour 30min de 4×4 pour arriver au pied du Licancabur.

4h00-Maintenant on coupe le cerveau, on marche et on marche. Malheureusement le chemin n’est pas comme je l’espérais. On nous avait prévenu qu’il y avait pas mal de pierres mais à ce point là… Un vrai calvaire. On fait un mètre en avant, on recule de 30cm. La neige et ces foutus cailloux nous aident en rien à marcher et à prendre un rythme de montée. Mais on s’accroche comme on peut.
Il fait vraiment pas chaud pendant la montée, ce sont les mains qui en payent les frais en premier. Malgré l’altitude, un peu de fatigue et le froid on apprécie le paysage. D’autant plus que le soleil comment à faire son entrée vers 7h. C’est là qu’il fait le plus froid. Les premières lueurs du soleil réchauffent l’humidité du sol qui s’évapore doucement. Cette évaporation nous tombe dessus et on le sent.

Après 4h de montée, nous arrivons à 5400m d’altitude et avons fait un peu plus de la moitié. Malheureusement nous avons lâché énormément d’énergie dans ces premières heures de marche et on est un peu cramé et surtout énervé par ce chemin si pourri. A vrai dire il est dur de prendre du plaisir avec toutes ces roches. De plus le rhume et la toux que traînent mon père depuis plus d’un mois ne l’aide en rien pour marcher et surtout à ces altitudes. Après quelques mètres de plus nous décidons à notre plus grand regret de nous arrêter la. Quand le corps ne suit pas, ça ne sert à rien de pousser, surtout en haute montagne.

C’est là, larmes à l’œil que nous descendons en silence, accompagnés de belles chutes, toujours à cause de ces pierres. Nous en gardons encore des signes sur nos jambes avec de beaux bleues.

Il est environ midi quand nous arrivons au refuge. Nous sommes vraiment tristes et énervés de ne pas avoir réussi notre défi. Un défi entre père et fils qui nous tenait vraiment à coeur.

2nd défi de la journée !

Arrivant au refuge vers 12h, il n’y a plus de bus ou de transport pour rejoindre Atacama. Nous avions promis aux filles d’arriver le jour de l’ascension à Atacama. Une promesse est une promesse. Alors nous partons en direction de la frontière bolivienne et marchons environ 1h30 pour rejoindre la route national qui rejoint Atacama. Le réveil à 2h30, plus les 7h de marches sur le volcan, commencent à se sentir dans les jambes. On attendra environ 2h avant d’être pris en stop pour rejoindre la ville. Et retrouver un peu de réconfort auprès des filles et une douche bien chaude.

Nous n’aurons pas réussi à gravir le Licancabur, mais ça restera un excellent souvenir de ce voyage et faire du stop avec son père c’était quand même bien fun 😊! Nous aurons notre revanche sur un autre somment on le sait !

DCIM101GOPROG2011883.

V&L