Ushuaia et le parc national de terre de feu. Après une dizaine de jours passés au Chili nous prenons la direction de l’archipel de la Terre de Feu.  Cette région, qui ne sort pas des livres de Tolkien ni de Game of Thrones, nous a réservé de bien belles surprises.

Pour nous y rendre depuis Punta Arenas (Chili), nous comptions sur notre légendaire pouce 🏼! Mais à notre reveil une pluie démentielle et un vent te stoppant net en marchant nous a fait prendre une autre solution…certe plus chère mais plus rapide. Nous voilà donc embarqués dans un bus pour environ 11h de trajet. Nous aurons la chance de pouvoir observer une famille de dauphins jouer dans les vagues du ferry que nous empruntons pour croiser le détroit de Magellan, ainsi qu’une otarie sur le dos qui se la coulait douce dans les vagues.

(Pour ceux n’ayant pas vu la video il vous suffit de cliquer sur le lien Instagram en pied de page et de chercher la video : Enjoy).

Après ce court trajet en bateau nous voilà en Terre de Feu, le paysage y est monotone pendant les premiers kilomètres avec encore de la pampa à perte de vue. Mais à environ 50 kilomètres d’Ushuaia, les paysages sont hallucinants. Nous empruntons une route vertigineuse offrant une vue plongeante sur le Lago Escondido et les hauts récifs bordant les lacs. On ne se lasse vraiment pas de ces paysages à couper le souffle.

Nous arrivons à Ushuaia vers 21h. Nous voulions trouver un endroit pour dormir en évitant les auberges de jeunesse. Nous avons, depuis notre départ de Junin, fait beaucoup d’auberges et y avons croisé beaucoup, mais vraiment beaucoup de français. Nous ne sommes pas contre, car c’est toujours agréable de pouvoir échanger sur les expériences des uns et des autres. Mais nous voyageons pour vivre au plus près des Argentins et non des touristes comme nous.

Nous avons donc trouvé une petite auberge chez l’habitant, situé en plein centre de la ville. Ce Monsieur de 80 ans loue des chambres dans sa maison. Nous voilà donc installé confortablement dans une chambre privée pour moins cher qu’une auberge et entre Argentins…ça c’est cool !

Nous passons notre première matinée en ville à nous promener au bord du canal de Beagle. De là nous partons direction le Glacier Martial qui surplombe la ville. La balade est relativement facile mais depuis le port il y a quelques bornes (une bonne vingtaine). Nous empruntons une piste de ski suivi d’un chemin pour arriver en haut du glacier. Le temps change assez vite, et nous avons la joie de marcher sous une petite neige qui nous rappelle que l’été à Ushuaia ça n’existe pas !

La balade offre vraiment une belle vue sur la ville et c’est un bon décrassage après la journée de bus d’hier.


Étant au bout du monde et ne sachant pas si nous aurons l’occasion de revenir à Ushuaia dans les années à venir, nous nous payons le luxe de faire une excursion en bateau pour aller observer quelques îles oú se logent des oiseaux, lions de mer, et pingouins. Nous passons aussi par le phare des éclaireurs et longeons la ville de Puerto Wiliams.

Nous naviguons pendant 5h à braver le vent et les vagues. Cette petite excursion vaut le coup, c’est vraiment agréable et ça restera un beau moment pour cette étape au bout du monde.

Dans l’après midi nous visitons le musée maritime dans l’ancien bagne. Ce musée est sûrement le mieux depuis le début de notre voyage que nous avons fait. Il retrace toute l’histoire de la région et de la création de la ville d’Ushuaia. L’entrée est un peu chère mais comme tout ici.


Le mardi qui suit, nous décidons de partir en direction du parc national de la Terre du Feu. Le parc n’est pas très loin de la ville et nous décidons de faire du stop pour nous y rendre. Pour cela nous devons marcher un peu pour nous positionner sur la route menant au parc. Après quelques kilomètres nous voilà devant le panneau qui indique que nous sommes à 5 kilomètres du parc. Virginia se sent pousser des ailes et propose d’y aller à pied. Nous voilà à l’entrée du parc après 12km de marche… Nous devons rejoindre le camping semi-organisé qui est encore à 12km. Nous empruntons un sentier qui longe le canal dans un cadre de rêve. La nature ici y est sauvage, il n’y a aucun impact de l’homme et nous n’avons croisé personne pendant notre randonnée. Bref le pied, on est seul, perdu au bout du monde.

Après 8h et 24km de marche, nous voila, au lieu du campement et on est un peu mort. Nous aurons vu un phoque chasser le saumon, et surtout un beau gros renard faire un petit tour près des quelques tentes. Les gardes du parc nous avaient prévenu de ne pas mettre la nourriture dans la tente car les renards n’ont aucun scrupule pour venir déchirés les tentes et tout piquer. Autant vous dire qu’après une bonne journée de marche il ne fallait pas nous taquiner et croyez nous la bouffe pour nous c’est sacré. Voilà donc une guerre de nerfs qui s’installe entre le renard et nous.

Nous nous couchons et on se prépare à peu dormir, frontale sur le front et couteau suisse à proximité, mode défense activée. Vers 3h du matin, le renard tourne autour de la tente et renifle à côté de la casserole… Je me réveille et le fait fuir avec la frontale. Puis à 5h du matin, deux gros bruits dans la tente, je me précipite pour allumer la lumière et pour regarder dehors mais je ne vois rien. C’est au petit matin que Virginia va avoir le plaisir de se rendre compte que le renard lui a chipé sa chaussure…chaussure qui finalement se trouve à 20 mètres de la tente. Aurais-je vécu un remake de Dora l’exploratrice avec chipeur le renard. Chipeur arrête de chiper !!!! Chaussures au pied, nous nous promenons tranquillement sur les 6 différents sentiers balisés. Nous rentrons sur Ushuaia vers 16h30.

Notre aventure à Ushuaia se termine, après 6 jours, par un super moment. Au petit matin nous avons une grosse tempête de neige et quelques éclaircies qui rendent le paysage magique. Nous prenons l’avion vers 14h et ce décollage face au canal de beagle avec vue sur les montagnes restera comme l’un des plus beau vols que nous avons pu faire.

La Patagonie est presque bouclée, nous allons maintenant en direction du nord avec comme ville départ Junin de los Andes, chez notre famille d’ici.

V&L