Le voila enfin ce grand bout de glace qui se dresse devant nous !


Après plus de 1700 km, nous avons la chance de pouvoir admirer le fameux glacier Perito Moreno. Il est difficile d’expliquer ce que l’on peut ressentir devant une telle œuvre de la nature !

La lumière changeante du soleil, les grincements du glacier, les blocs de glaces qui se détachent et tombent dans l’eau rendent ce lieu tellement magique et unique, que les mots nous manquent. Nous avons pris notre temps à contempler ce monstre blanc car nous somme conscient de la chance que nous avons de pouvoir vivre cet instant après un long Stop-roadtrip

Notre route vers le sud commence le lundi 23 février de Trevelin heure du départ environ 10h.

Une première voiture s’arrête au bout de 10min de stop pour nous amener jusqu’à Esquel soit environ 30 bornes (une misère vu ce qu’il nous reste à faire) mais Esquel est une ville clé car nous devons rejoindre la route 40 qui passe justement dans cette ville. Il nous dépose au croisement de la route et entamons notre deuxième stop en espérant qu’il soit le plus long possible en km. Nous patientons environ 35 min. Une voiture s’arrête et nous propose de nous conduire à Tecka, un bled paumé à environ 80km de là où nous nous trouvons. Nous voilà embarqués dans le coffre d’une camionnette avec un conducteur bien rigolo qui nous offre quelques bonbons).

En arrivant à Tecka on comprend rapidement que ca ne sera pas simple de trouver quelqu’un. Il n’y a rien ici à part une station service…on va rapidement faire le plein en eau et quelques empanadas pour reprendre des forces. Virginia me rejoint et a ce moment la une personne vient nous parler. Il nous demande ce que nous faisons ici, depuis quand on voyage, où on va etc…il nous explique avoir aussi voyagé en sac à dos dans sa jeunesse et la tout bascule ! Il nous dit que le grand et beau camion derrière nous lui appartient et qu’il descend justement dans le sud par la route où nous devons passer. Le seul hic malheureusement, il y en a un, c’est que pour une raison d’assurance et de place il ne peut pas nous prendre. On appelle ça : l’ascenseur émotionnel.

Nous nous disons donc aurevoir et partons au croisement de la route et de la station service pour reprendre du service et brandir bien haut nos jolis pouces. A cet instant même on se dit qu’on a frôlé la chance de notre vie de trouver quelqu’un qui pouvait nous amener loin. On est donc un peu blasé et les voitures qui passent devant nous roulent tellement vite qu’ils n’ont pas l’air de nous voir. Nous commençons à nous poser des question quand nous voyons partir le camion…il passe dernière nous, nous lui faisons un petit coucou courtois quand tout à coup il ouvre sa fenêtre et nous dit de monter avec lui !

Ce coup-ci pas d’ascenseur émotionnel, nous voila belle et bien embarqué à bord d’un beau camion direction Rio Gallegos. Roberto est juste adorable, il me fait totalement changer d’idée sur les camionneurs et nous discutons de tout et de rien mais surtout on rigole bien ! En même temps il vaut mieux discuter car le paysage reste le même pendant 1600km ( de la pampa à perte de vue). Petit lot de consolation dans ce paysage, voir des guanacos, mendurias sauvage au bord de la route. Ce lundi on aura fait environ 750 bornes à 90km/h. C’est long, croyez-nous, mais on est tellement content. Il est environ deux heures du matin quand on décide de s’arrêter pour dormir. Nous sommes à Tres Cerros (bon courage pour le trouver sur une carte), en guise de ville une station service, nous montons la tente sur un petit terre-plein derrière la station service et nous nous couchons vers 3h du mat. Je passe les détails sur la nuit en toile de tente : froid et douleur.
Au matin vers 11h on rejoint Roberto qui a dormi dans son camion et prenons la route direction Rio Gallegos.

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La route se fait longue pour nous 3, malgré nos discussions et rire, le paysage et les lignes droites infinissables ont raison de nous. Nous nous approchons de Rio Gallegos lieu où Roberto continue son périple vers le Chili pour livrer ses légumes et nous pour aller direction el Calafate.

Nous arrivons à un croisement de route et nous dépose ici….on comprend que le trip va se jouer ici. La devant ce panneau de la route 5 c’est quitte ou double ! On est à 32 km de la ville la plus proche et 300 de el Calafate… Il est 17h et il ne fait pas chaud… On commence à flipper un peu devant le néant des voitures qui passent (pas).

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Quand tout à coup….une bénédiction s’abat sur nous ! Un beau pickup noir Volswagen s’arrête à notre hauteur et nous demande si nous allons à el Calafate avec un grand sourire. Nous lui disons oui et nous voila pris après 45min d’attente devant ce panneau direction el Calafate. On prend le temps de discuter et on comprend vite que monsieur a une belle situation professionnel (il possède deux hôtels dont un à el Calafate). Il s’intéresse beaucoup à notre façon de vivre en Europe (notre culture, politique etc…) mais surtout sur notre gastronomie et sur nos vins.
Le voyage se passe super bien et c’est vraiment une belle rencontre. Tellement belle qu’il veut absolument nous faire visiter sa cave dans son hôtel. Et quel hôtel… On arrive dans un hôtel 4 étoiles avec golf, spa, piscine, salle de sport…bref le top quoi. Il nous fait visiter sa cave et nous propose de venir boire une bouteille de « champagne » argentin avec lui. Nous exécutons et dégustons ce champagne, excellent au passage, avec un petit plat de cordero en guise d’amuse bouche. Il nous présente tout son personnel et sa maman.

Notre voyage prend encore un tournant quand il me dit qu’il appelle pour voir si il y a des chambre de libre. Je lui avait dit dans la voiture pendant le voyage que les auberges nous faisaient payer 600 pesos pour les deux dans une chambre de 6 personnes et que nous ne voulions pas mettre plus.
Il me confirme qu’une chambre est libre et qu’il nous fait un prix d’ami soit 600 pesos la chambre par nuit (au lieu de 2400 …). Nous sommes allongés dans la chambre en écrivant cet article et avons encore du mal à réaliser ce qu’il nous arrive ! Payer 110 euros les 3 nuits, que de toute facon on aurait payé mais dans une auberge de jeunesse et se retrouver dans un 4 etoiles qui normalement nous aurait couté 500 euros, c’est que du bonheur !!!!
Ce voyage nous réserve des belles surprise et j’espère que ça ne sera pas fini !

V&L